Dossier Spécial Covid : La solidarité au temps du Corona – 3° En route vers de nouveaux élans de solidarité !

Rencontre avec les petites mains couseuses de masques

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Depuis le début de l’épidémie (le 17 novembre 2019), il y a eu d’énormes conséquences, qui ont pas mal de dégâts et de catastrophes, notamment  la pénurie de masques, pourtant indispensables au personnel soignant mais également à la population pour se protéger face à ce virus mortel.

La pandémie de Covid-19 a débuté le 17 novembre 2019 dans la ville de Wuhan en Chine centrale puis elle s’est propagée dans le monde entier.

Suite à cette pandémie, les hôpitaux se sont retrouvés face à une pénurie de masques, ce qui a eu une grosse répercussion dans tous les pays touchés par le Covid-19.

Les médecins ont tiré la sonnette d’alarme.  Comme l’explique Magali Ronsmans, porte-parole d’Ecores « une structure agile qui permettra de respecter les mesures sanitaires prises par le gouvernement et de démultiplier le nombre de personnes pouvant produire des masques pour contribuer à la lutte contre la pandémie du virus Covid-19, et pallier les ruptures de stocks de masques à l’échelle internationale. »

Depuis cette pénurie, plusieurs bénévoles se sont mis en tête d’aider les hôpitaux en manque de masques. Ce qui nous touche énormément car on peut voir des personnes avec un grand cœur aider bénévolement. De plus on a tous vécus le confinement, rester chez soi, ne pas sortir, … Donc la confection de masques était une activité, un passe-temps pour les bénévoles. Nous remercions infiniment tous ceux qui ont aidé les soignants, les hôpitaux, tout ceux qui avaient besoin de masques pour se protéger du Covid-19.

Comme initiative citoyenne, il y a eu à Uccle une artiste indépendante, Lucie Burton, qui a décidé de proposer des masques en tissu afin d’en fournir aux personnes qui en avaient besoin. Lucie s’est mise à la couture dès le début de la pénurie de masques. En effet elle possédait plein de chutes de tissus dont elle ne faisait rien et la couture est pour elle un passe-temps. N’ayant plus de travail et pas de famille, elle avait beaucoup de temps libre et elle a préféré le passer en se rendant utile. Dès le premier week-end, elle a commencé à regarder des tutos avec une amie pour voir comment confectionner ces masques. Entre le samedi et le dimanche, elle en a déjà confectionné une trentaine. Grâce à tous ces élans de générosité, la Belgique a pu diminuer un rien la pénurie de masques. Ces mouvements ont permis de créer des liens de solidarité.

Raymonde, une Wavrienne, a été mise en quarantaine car celle-ci était partie à l’étranger. Elle s’est donc retrouvée à coudre des masques, elle en a d’abord fait pour elle mais par la suite elle en a cousu un maximum pour ceux qui en avaient besoin. Au début, elle était seule à faire cette action mais après quelques postes sur Facebook, elle a reçu de l’aide. Elle a recruté 2 couseuses et 2 livreurs. Elle a fait également appelle à une ASBL pour lui fournir du tissu. Les commandes se faisaient par mail mais elle ne pouvait pas voir toutes les commandes donc elle a mis en place un petit formulaire électronique qui enregistrait les commandes. En ce moment même, Raymonde et ses associés continuent encore à en fabriquer.

De nombreux bénévoles se sont manifestés pour confectionner des masques, parmi eux, dans la commune de Laeken, Samia nous présente, sa tante, Magida, 30 ans qui pratique depuis maintenant 3 ans de la couture, elle coud des robes, des pantalons…. Mais suite à l’apparition soudaine d’un virus, elle s’est mise à fabriquer des masques. Magida a commencé à confectionner des masques pour sa famille, ensuite pour ses amies, ses collègues…. Et maintenant elle le fait bénévolement et elle les distribue dans son quartier. Nous l’avons appelé au téléphone pour en savoir plus, c’était le 13 mai 2020 :

 

Comment faite vous les masques et où les faites-vous ?

<< Je fais les masques chez moi à la maison avec des tissus que j’ai déjà ou que j’ai récemment achetés, car depuis le 4 mai les merceries ont rouvert leurs portes, ce qui m’a permis d’acheter pas mal de tissus. Et il faut dire aussi que j’ai la chance d’avoir une machine à coudre à la maison >>.

 

Pensez-vous distribuer des masques dans d’autres quartiers ?

<< Oui j’aimerais beaucoup distribuer des masques dans d’autres quartiers et même dans d’autres régions, car tout le monde n’a pas la chance d’avoir dans son entourage des personnes qui confectionnent des masques donc c’est pour cela que j’aimerais beaucoup les aider. >>

 

Continueriez-vous à faire ça bénévolement ou comme d’autres confectionneurs de masque vous allez commencer à en tirer des bénéfices ?

<< Non je n’en tirerais jamais des bénéfices, car il y a des personnes qui n’ont pas forcément les moyens de se payer des masques, il y a également des familles nombreuses et les masques doivent pouvoir être accessibles à tout le monde en cette période de crise sanitaire, alors NON je n’en tirerais jamais de bénéfice ! Et comme le dit si bien la devise nationale de la Belgique : “L’union fait la force” >>.

 

Et c’est en partageant cet état d’esprit que la commune d’Anderlecht a fait un partenariat avec un grossiste de tissu Textilia, qui a proposé d’offrir gratuitement 3000 kits prédécoupés avec tout le matériel nécessaire pour confectionner des masques en tissus de qualité. Il ne fallait plus que trouver les personnes pouvant confectionner ces masques. C’est alors que l’Echevine de l’hygiène, Nadia Kammachi, également présidente de l’ASBL Mulieris, a demandé à cet atelier si les couturier(es) étaient disposé(e)s à les confectionner. Cette ASBL est para communale c’est-à-dire qu’elle est subventionnée par la commune d’Anderlecht et elle fait de la réinsertion socio-économique. En d’autres termes, elle permet à des personnes sans qualification, de trouver un emploi pour une durée de deux ans, ainsi qu’une formation dans le domaine de la couture.

« Nous avons été touchés par cet élan de solidarité par les couturier(e)s qui ont relevé tout de suite le défi de confectionner plus de 900 masques en 3 jours ! Et totalement bénévolement! » nous précise Nadia Kammachi.  » Nous avons fait également appel aux anderlechtois(e)s, qui étaient disposé(e)s à en fabriquer de chez eux et nous avons eu une vingtaine de candidat(e)s.  C’est ainsi que les 3000 masques ont pu être distribués, aux médecins, infirmier(e)s à domicile, pharmacien(ne)s,etc… », souligne l’Echevine.

Nous avons également des professionnels de la couture qui se sont mis aux masques

Nous retrouvons Charlotte, une costumière et habilleuse de profession. Elle s’est demandée ce qu’elle pouvait bien faire pour aider la société tout en restant confinée chez elle ? Après avoir pris connaissance de la pénurie de masques, elle s’est mise à en fabriquer. Voici son témoignage après :   « J’ai un sentiment clairement positif, c’est de voir la reconnaissance, le bonheur dans les yeux des gens qui voient que certaines personnes souhaitent prendre soin d’eux… On se sent un peu comme une Wonder Woman. »

Pathé Ndiaye un résidant français d’origine sénégalaise est propriétaire d’une boutique dans le centre de Paris nommée « Barakatou ». Cet homme vient en aide à la population en confectionnant des masques en tissus africains qu’il vend gratuitement. Cette initiative est touchante car elle permet au commerçant pas très connu à la base de se faire connaitre, de plus les gens auront difficile à oublier son acte très généreux, ce qui est chouette pour lui.

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Mais qu’en est-il de la rémunération de ces couturiers professionnels ? Dérisoire, modique et insultante, voici quelques mots leurs provenant. Malgré cela plusieurs acceptent par solidarité et l’intérêt général pèse lourd sur les consciences. Du point de vue de l’état le précepte est simple : Femmes + machines à coudre + bénévolat = des milliers de masques gratuits et rapidement. Cette formule profite sûrement au profit du gouvernement afin d’atténuer le débat sur la pénurie de masques. À  qui revient la responsabilité en cas de problèmes avec les masques ? En cas de problème, les fabricants sont tenus responsables. « On nous demande d’assumer la responsabilité de nos masques, mais on n’obtient aucune reconnaissance. », déplore Clotide Faure.

Au début de l’épidémie, compter sur les couturiers bénévoles n’était pas un gros problème car le personnel soignant ne disposait pas de masques. Maintenant cela commence à poser problème car le matériel nécessaire pour faire des masques n’est pas gratuit et le fait que les couturiers ne vendent pas les masques, cela leur fait perdre beaucoup d’argent car c’est eux qui payent pour le matériel. Aujourd’hui, il serait mieux d’acheter un masque.

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En conclusion, dans cette initiative, beaucoup se sont impliqués pour pouvoir fournir ces masques de protections mais aussi plein d’autres protections telles que des visières, etc… au corps médical mais aussi au niveau du privé. Cette initiative a pu nous montrer qu’il était encore possible de s’entre aider même dans ce temps de crises. Cet élan de solidarité est bon signe car on pensait que dans ce monde de brutes, ce n’était plus possible !

Benoît, Gaëlle, Asmae, Zeina, Redouane, Samia B., Wassim, Gabriela, Wiam et Yousra

 

Pour ou contre le port du masque ?

 

Cette initiative a des bons et des mauvais côtés dans cette crise sanitaire. Le bon côté : on ne dépend plus des masques jetables, et on évite ainsi de sortir sans protection pour bloquer la propagation du virus. Le mauvais côté est que certaines personnes qui portent ce masque se sentent protégées à 100% ; or elles ne le sont pas car le masque ne suffit pas.

 

Comment faire son masque ?

Pour qu’on arrête de payer de l’argent dans des masques jetables, on pourrait se fabriquer soi-même des masques réutilisables. En plus, pas besoin d’acheter des tissus, on peut reprendre des vieux vêtements pour en fabriquer. On peut trouver beaucoup de personnes sur internet qui montrent comment les faire.

Voici quelques sites où vous pouvez découvrir comment fabriquer vos propres masques :

https://www.ohmymag.com/home/masque-de-protection-comment-le-fabriquer-soi-meme_art134325.html

-https://www.journaldunet.com/management/guide-du-management/1491325-faire-un-masque-en-tissu-facile-le-materiel-a-acheter-pour-le-fabriquer-21-mai-2020/

-https://www.18h39.fr/articles/5-modeles-fabriquer-masque-en-tissu.html

 

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Sources :

https://www.rtbf.be/info/regions/detail_initiative-solidaire-et-coronavirus-lucie-coud-des-masques-en-tissu-et-les-propose-a-la-vente?id=10458289  (lucie burton)

https://www.google.be/amp/s/www.tract.sn/v1-paris-pathe-ndiaye-tailleur-senegalais-decidedoffrir-des-masques-en-tissu-africain/amp/  (Pathe Ndiaye)

http://www.slate.fr/story/190173/covid-19-deconfinement-masques-couturieres-independant es-afnor   ( Charlotte, costumière et habilleuse)

https://www.axellemag.be/coronavirus-femmes-confection-masques/   (Charlotte, costumière et habilleuse)

https :// www.lesoir.be / 288555 / article/   2020-03-19 / penurie-de-masques-la-region-bruxelloiserecherche-couturiers-benevoles-pour ( Magali Ronsmans)

 

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