Le circuit huit

Tout a commencé le jour où j’ai gagné un concours sur Internet, ce concours consistait à répondre à des questions concernant des voitures. Dès mon plus jeune âge, j’adorais les véhicules si bien que la première fois que j’ai conduit seul, c’était à mes douze ans, dans la voiture de mon grand frère. Depuis le décès de mon grand frère, Christophe, dans un accident de voiture, mes parents sont contre l’idée de me voir derrière un volant. Cette perte leur a causé beaucoup de tristesse et de traumatisme d’où leur réticence à l’égard de ce concours. Mais à vingt ans, cette passion me nourrit toujours.

Ce concours, je l’ai gagné. Voici le courrier que j’ai reçu :

« Eh bien non, vous ne rêvez pas! Vous avez gagné ! Vous avez l’occasion de rouler sur le circuit numéro huit avec un véhicule dernier cri. Ce circuit est reconnu pour ses mystères et ses secrets. Nous vous conseillons fortement de faire plus de recherches sur ce sujet. Cet événement aura lieu le huit août à huit heures du soir (nous n’attendrons pas les retardataires). Les accidents ne seront en aucun cas sous notre responsabilité, veillez donc à prendre vos précautions. Merci pour votre compréhension et bonne chance!  »

La récompense ne me déplaisait pas forcément mais j’avais un mauvais pressentiment. Cette réponse m’a laissé perplexe mais a aussi attisé ma curiosité. J’ai donc décidé de faire des recherches sur le net comme on me l’a suggéré, mais je ne trouvais aucun article sur ce circuit, ce qui me paraissait étrange. Je ne m’attardai pas là-dessus et décidai donc d’aller dormir sans réponse à mes questions.

Le lendemain en me réveillant, je remarquai qu’on m’avait envoyé l’adresse de l’événement. Je me rendis donc à l’endroit indiqué. Ce n’était pas comme je l’avais imaginé. C’était désert, il n’y avait personne, sauf un vieillard. Plus je m’avançais vers lui,  plus il avait l’air d’un charlatan, il avait les cheveux en pétard et il sautillait de partout. Il m’expliqua qu’il était l’animateur de cet événement (il fallait bien s’en douter, il n’y avait personne d’autre). Il me fit signer quelques papiers et me montra la voiture. Je n’avais encore jamais vu ce modèle. Elle était rouge et elle scintillait de partout. A la vue de cette merveille, mes pupilles se dilatèrent comme si on m’avait injecté de la drogue. Il me donna les clés et je montai dans le véhicule. Mais le vieillard m’avait dit une chose qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille : « Au revoir et à jamais ! » Sur le coup, je n’avais pas pris ses paroles en compte car il n’avait pas l’air net dans sa tête et puis j’étais beaucoup trop excité à l’idée de conduire cette voiture.

Le circuit, en plein air, formait un grand huit d’une taille de cinq terrains de foot. Ce moment était sûrement l’un des plus beaux de ma vie. Lorsque j’entendis le moteur rugir à cause de l’accélération, j’eus comme une montée d’adrénaline. Quand je me mis à conduire, je pensais plus à rien, je ne voyais plus et je n’entendais plus. J’étais comme dans ma bulle. Mais ce beau moment était de courte durée.

Au bout d’une trentaine de minutes, je m’habituais beaucoup trop au circuit, ce qui ne me donnait plus de frissons, je voulais m’arrêter mais il n’y avait aucun panneau qui m’indiquait la sortie ou quoique ce soit. C’était juste vide. Le vide me faisait peur, savoir qu’il n’y avait personne avec moi était la sensation la plus horrible, c’était bien pire que de se cogner le pied contre un meuble ou avoir des chaussettes trempées à cause de la pluie. Je fis donc une crise de panique, j’eus des gouttes de sueurs froides qui glissèrent sur mon visage, mon coeur battit la chamade et j’eus une envie pressante d’aller aux toilettes. Au bout de quelques minutes, j’essayais de reprendre mes esprits. J’étais seul, il devait forcément y avoir un moyen de sortir de là, mais comment ? Le vieillard avait forcément fait ce chemin pour savoir que c’était un circuit à moins que ce n’en soit pas un. Pendant ma réflexion, je remarquai une voiture au loin, devant moi, allant dans la même direction que moi. J’eus une bouffée d’air, il y avait encore espoir. J’accélérais pour me mettre à sa hauteur. Mais, douche froide, il n’y a aucun conducteur. La voiture se mit soudainement à accélérer et elle explosa au loin. J’en déduisis que si je continuais sur cette voie, je finirais en morceaux. Comme cette voiture décapotable.

Soudain, une idée me vint à l’esprit, et si j’essayais de faire marche arrière ? Je mis mon plan à exécution. Je fis donc trente minutes de conduite dans le sens inverse, mais rien. Je vis au loin le vieillard. Je ne sais pas si ça devait me rassurer mais savoir que je n’étais plus seul me faisait du bien. Le seul problème, c’est qu’il n’était plus comme je l’avais vu. Il avait l’air bizarre, presque robotique. Il s’avança vers moi et me dit :  « Je vais te poser une question ou plutôt une énigme. Si ta réponse est fausse, tu resteras ici à jamais, avec moi. Un homme est mort dans sa voiture avec une balle à la tête. Il ne s’est pas suicidé et il n’y a aucune trace qui montre que quelqu’un aurait pu se trouver dans la voiture avec lui. Et les vitres sont intactes, comment a-t-il été tué sans dégâts ? » Je n’arrivais pas à réfléchir à cause du stress. Et d’un coup, j’eus un flash, je revis la voiture qui avais explosé et je répondis rapidement :  «  Il n’y a pas eu de dégâts car c’était une décapotable ! »

Je me réveillais dans ma chambre, soulagé que ça soit un rêve. En m’étirant, je balayais la chambre de mes yeux et je vis, sur ma table de chevet, les clés de la voiture.

Yousra Aouragh

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